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samedi 5 février 2011

Escobarines: La fessée de Thaïs





- Tiens, tiens !… Thaïs !… Quelle bonne surprise !… Ca faisait un moment, dis donc !… Qu’est-ce qui t’amène ?… Ton petit copain t’a plaquée ?…
- Non… Oh, non… Pourquoi tu dis ça ?…
- Parce que quand tu habitais là, à côté, chez papa-maman, je ne te voyais quasiment jamais – même si c’était très souvent – que dans ces occasions-là… Quand Sébastien ou Florian ou Cyril venait de te plaquer… Et tant d’autres… Tu venais t’épancher, en larmes, dans mon giron… Pendant des heures…
- J’étais jeune… Je tombais amoureuse pour un rien… Fallait bien que j’en parle à quelqu’un… Et à part toi…
- Depuis que tu as déménagé je t’ai revue quatre fois… Chaque fois pour la même raison…
- J’ai jamais eu de chance avec les types… Et t’as toujours su trouver les mots qu’il fallait… Me consoler… Me redonner confiance…
- Et donc aujourd’hui c’est pas pour ça… C’est juste pour le plaisir de me rendre une petite visite alors ?…
- Oui… Oh, oui… Parce que avec Clément ça marche du feu de Dieu tous les deux… Et ça dure en plus !… Seize mois ça va faire… Sans une engueulade… Sans un nuage… Rien… J’ai jamais connu ça avant, moi !…
- Je te souhaite qu’une seule chose…
- C’est que ça dure… Oui, ben ça !… Moi aussi… Et pas qu’un peu !… Ca devrait… Normalement ça devrait… Si je fais pas trop l’idiote…
- Il y a pas de raison…
- Oh ben si !… Si, il y en a des raisons… Je suis folle des fois !… On croirait que je fais tout pour que ça tourne de travers… Pour que ce à quoi je tiens le plus me file entre les doigts…
- Ah… Qu’est-ce qui s’est passé ?…
- Rien… Non… Rien… Enfin presque…
- C’est-à-dire ?…
- J’ai couché avec un ex…
- Et Clément l’a appris…
- Non… Oh, non !… Je suis pas complètement cinglée quand même… Non… Et il le saura pas… Ou alors ce serait vraiment la faute à pas de chance… Non… Mais c’est complètement nul… J’en avais même pas envie en plus…
- Ben pourquoi tu l’as fait alors ?…
- Si seulement je le savais !… Je m’en veux !… Vous pouvez pas savoir ce que je m’en veux… Je me sens salie… Souillée… Et moche !… Mais moche…
- Tout le monde peut commettre une erreur…
- Je m’étais juré que ça n’arriverait jamais… Jamais !… Et à la première occasion… Je me traîne ça comme un boulet maintenant… Tout le temps j’y pense… J’ose plus le regarder en face Clément… C’est là sans arrêt entre nous…
- Et si tu vidais ton sac une bonne fois pour toutes ?…
- Oui, oh ben alors là on voit que vous le connaissez pas !… Il a des principes Clément… Jamais il passerait sur une chose pareille… Ce serait fini… Et bien fini… Non… Je suis bonne pour me coltiner ça pendant des mois et des mois… Avec tous les risques que ça comporte… Parce que je sais ce qui va se passer… Je vais vouloir me punir… Il y aura des jours où ça me sera tellement insupportable ce que j’ai fait que je serai capable de n’importe quoi pour ne plus me sentir coupable… Ou en tout cas un peu moins… Sans compter que je ne vais pas cesser d’appréhender que ça recommence… Si c’est arrivé une fois…
- Aie un peu d’indulgence… Vis à vis de toi-même…
- Ah non !… Non !… C’est trop facile ça !… C’est trop commode… Avec des raisonnements comme ça on peut tout se permettre… Tout et n’importe quoi… Se trouver toutes les excuses du monde… Se pardonner à chaque fois et recommencer… Non… Ca va peut-être te paraître bizarre… Tu vas peut-être me trouver complètement déjantée, mais le seul moyen pour que ce soit vraiment complètement effacé ce que j’ai fait, pour que je puisse me regarder à nouveau en face ce serait qu’on me donne une vraie punition à cause de ça… Seulement à qui tu veux que je demande un truc pareil ?…
- Quel genre de punition ?…
- Ben… Une punition… Il y en a pas trente-six mille des punitions…
- Une fessée ?…
- Evidemment !… Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?… Mais dis ?! ?!… Ca t’ennuierait, toi ?… Depuis le temps qu’on se connaît maintenant tu pourrais pas ?… Si ?!… Oh, chouette, t’es un amour…

- Je croyais vraiment pas que t’accepterais…
- Regarde devant toi !… Et tiens ta robe relevée… Tu sais ce qu’on a dit… Ca fait partie de la punition…
- Ah oui… C’est vrai, oui… Oui… Je croyais pas… Enfin… Je me demandais… J’étais pas sûre… J’ai quand même tenté le coup… J’ai bien fait… La preuve !… N’empêche comment t’as tapé fort !… C’est pas un reproche, hein, au contraire !… Même que t’aurais tapé plus fort j’aurais rien dit… Enfin si !… J’aurais crié… Comme là… Mais encore plus fort…
- Plus haut la robe !…
- Ah oui !… Oui !… Mais tu sais ce que je pense ?… Ben que ce qu’il faudrait pas maintenant c’est que Clément j’aille le tromper juste pour te donner l’occasion de me punir… Oh, mais je crois pas, hein… Non, je crois pas… Tu crois, toi ?…

Escobarines: A la piscine





Il y avait pas une fille qui pouvait les sentir Caelia et Alexandra. Pas une. Elles se croyaient trop. Elles la ramenaient trop. Et tout ça juste parce qu’elles avaient été sélectionnées, l’année d’avant, pour la finale 100 mètres nage libre des championnats régionaux. Qu’elles avaient perdue. Sixième et huitième elles avaient fait…
- A cause du départ... Beaucoup trop vite il l’a donné ce guignol… Ca nous a déconcentrées… Mais le prochain coup on sera sur le podium… Toutes les deux… Alors là il y a pas photo…

Madame Lambert aussi elles l’agaçaient. On le voyait bien. Même si elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour pas le montrer…
- Eh, toutes les deux là-bas !… Quand je dis quelque chose, c’est pour tout le monde !…
- Ouais… Ouais…
Elles traînaient des pieds, finissaient par se jeter à l’eau de mauvaise grâce …
- Faites attention !… Faites bien attention !… A force de chercher vous allez trouver…
Caelia haussait les épaules derrière son dos…
- Attention ?… Attention à quoi ?… Si elle croit qu’elle nous fait peur avec ses menaces à deux balles…
Alexandra renchérissait…
- Qu’est-ce qu’elle peut faire ?… De toute façon sans nous il est mort son truc… Elles sont bien trop nulles les autres… Non, mais tu les imagines en compét ?…

Elles arrivaient de plus en plus souvent en retard, mettaient un temps fou à se changer, nous rejoignaient quand bon leur semblait…
- Vous le faites exprès ?…
- Quoi ?!… Mais non, mais… Vu toute l’avance qu’on a sur elles n’importe comment !…

Jusqu’au jour où…
- Inutile d’aller passer vos maillots…
- Hein ?… Mais pourquoi ?…
- Parce que vous entretenez un climat détestable dans le club… Qui désormais se passera de vous…
- Mais les championnats !… Si on est pas inscrites on pourra jamais les faire les championnats !…
- Allez voir ailleurs si on veut bien de vous…
- Il y a rien ailleurs !… Il y a rien à moins de cent kilomètres…
- Fallait y réfléchir avant…

Elles sont quand même revenues la fois suivante. A l’heure. Et toutes gentilles. Toutes mielleuses…
- Qu’est-ce que vous faites là ?…
- Ben…
- Je parle français il me semble, non ?… Rentrez chez vous…

Elle a quand même fini par accepter qu’elles restent. A condition que ce soit toutes seules. Qu’elles viennent avant tout le monde. Et qu’elles repartent quand nous on arrivait. Du coup on se croisait juste vite fait. Et encore pas toujours…

Sauf que ce mardi-là…
- Venez voir, les filles !… Venez voir !… Vite !… Dépêchez-vous !… Ca va peut-être pas durer…
Elle était toute essoufflée Emilie… Toute excitée…
- Qu’est-ce qui se passe ?…
- Vite, j’vous dis !…

Elles étaient dans l’eau, toutes les deux, accoudées à la margelle, le derrière en l’air, le maillot ramené sur le côté…
- Wouah !… Cette fessée qu’elles se sont ramassée…
- Qui c’est qui leur a donnée ?…
- Madame Lambert, tiens !… Sûrement… Qui tu veux ?…
Madame Lambert qui n’y était vraiment pas allée de main morte…

Elles étaient presque toutes arrivées maintenant les filles. Elles s’approchaient. Elles faisaient cercle. Elles rigolaient. Elles commentaient…
- Comment j’aurais pas aimé, moi, en prendre une comme ça !…
- Ca va leur brûler un moment…
- Oui… Et elles sont pas près de s’asseoir…
- Qu’est-ce qu’elles ont fait ?…
- Quelque chose de grave, sûrement…
- Oui… Sûrement qu’elles l’ont pas volé…
- Qu’est-ce qu’elles ont fait, M’dame ?…
- Si on vous le demande…
- De toute façon c’est bien fait pour elles, moi j’dis !…

Alexandra a levé la tête vers elle…
- S’il vous plaît… On pourrait pas partir maintenant ?…
- Non… Vous savez ce qu’on a convenu… Bon, mais allez, à l’eau, vous autres !… Au travail !…

Escobarines: La fessée de Pétronille





- Oui… Effectivement, Madame la baronne… La manche, oui… Oh, mais ce n’est rien… On va vous y faire une retouche sur le champ … Pétronille !…
- Madame ?…
- Allez donc nous chercher du fil vert et une aiguille… Vous savez où ils se trouvent, n’est-ce pas ?
- Oui, Madame… Tout de suite, Madame…

- Une fort avenante petite recrue que vous avez là, Madame Duplessis… D’où la tenez-vous donc ?…
- De monsieur le curé qui m’a demandé, par faveur, de la prendre à mon service… Et de lui assurer, cela va sans dire, la meilleure éducation qui soit…
- Cela va sans dire… J’imagine la tâche fort ardue…
- Non point tant, Madame la baronne… Elle est issue d’une excellente famille sur laquelle bien des malheurs se sont récemment abattus…
- La pauvre petite !… Sans doute vous est-il néanmoins nécessaire de sévir à l’occasion ?…
- Elle s’avère d’une probité, d’une docilité et d’une vertu dont je n’ai qu’à me louer…
- Quand on la voit si joliment tournée on en viendrait presque à le regretter…
- Madame la baronne a eu tant de bontés à mon égard que si tel était son désir il se trouverait bien quelque faute à lui reprocher…
- Qu’il lui faudrait expier en nous dévoilant un fessier que je me plais à me représenter fort blanc et fort charnu, fessier que vous vous verriez contrainte de soumettre, dans l’intérêt de cette jeune fille bien entendu, à une vigoureuse claquée…
- A moins que vous ne consentiez à vous charger vous-même, Madame la baronne, de l’exécution de la sentence…
- Si vous insistez, Madame Duplessis, je m’en ferai un devoir…

- Eh bien Pétronille !… Vous en avez mis un temps !… Que faisiez-vous donc ?… Et qu’est-ce donc que ce vert que vous m’êtes allé quérir ?… Vous voyez bien qu’il est beaucoup trop clair !…
- Que Madame me pardonne !…
- Eh bien qu’attendez-vous ?… Retournez !… Et rapportez-nous cette fois un fil d’un coloris adapté au vêtement de Madame la baronne…

- Elle fait preuve – c’est évident – de la plus mauvaise volonté du monde… Vous n’en doutez pas, n’est-ce pas, Madame Duplessis ?…
- Absolument pas, Madame la baronne… Et nous allons en tirer les conséquences qui s’imposent…

- Eh bien Pétronille, allez !… Vous savez coudre, que je sache !…
- Certainement, mais…
- Quoi donc ?!… Oh, pour trois petits points qu’il y a à reprendre Madame la baronne ne va tout de même pas se donner la peine d’ôter son vêtement… Ne me dites pas que vous n’êtes pas capable d’effectuer la réparation dans ces conditions… Allez !… Ah, à la bonne heure !…

- Aïe !… Tu m’as piquée… Elle m’a piquée…
- Sauf votre respect, non, je ne crois pas, Madame la baronne…
- Et moi je te dis que si !… Tu peux pas faire attention, non ?… Aïe !… Mais c’est qu’elle recommence cette petite peste… Tu le fais exprès… Je suis sûre qu’elle l’a fait exprès… Sous ses airs de petit angelot c’est une sale petite vicieuse, sournoise et fausse…
- Excusez-vous, Pétronille !… Excusez-vous immédiatement !…
- Je ne l’ai pas piquée…
- C’est un ordre…
- Je vous prie de m’excuser de vous avoir piquée, Madame la baronne…
- Non, mais vous avez vu, Madame Duplessis ?… Vous avez entendu ?… Avec quel air, sur quel ton cette petite péronnelle s’est permis de s’adresser à moi ?… J’ose espérer que vous allez en user avec elle comme il se doit et qu’une telle insolence ne restera pas plus longtemps impunie…
- Cela va sans dire… Venez ici, Pétronille !… Sur la chaise… Non… De face… Agenouillez-vous !…
- Oh, Madame !…
- Allez !… Obéissez !… Là !… Et troussez-vous !… Plus haut !… Eh bien ?!… Qu’attendez-vous ?… Parfait…
- Si Madame la baronne, qui est l’offensée, veut bien se donner la peine de faire tomber le dernier rempart à la pudeur de cette jeune personne…
- Très certainement… Voici… Elles sont effectivement fort blanches… Pour le moment…
- Et se charger de la corriger…
- Bien entendu… Et toi, ma petite, je t’assure que je vais te faire passer l’envie de recommencer…

Escobarines: Cadeau d'adieu





C’est Amélie, tout essoufflée, qui nous a appris la nouvelle…
- Vous savez quoi, les filles ?… Il part… Il s’en va…
- Qui ça ?…
- Ben… Monsieur Lambert, tiens !… Le prof de danse…
- Hein ?!… Mais c’est pas possible !… Pourquoi ?… Pour aller où ?…
- Au Canada…

Au Canada !… Mais non… C’était des inventions tout ça… Qu’est-ce qu’il serait allé faire au Canada ?… Il était pas bien ici ?… Pas question qu’il s’en aille… Ah non, alors !… On le gardait…

C’était vrai… Il partait…
- Mais pourquoi, M’sieur ?…
Parce qu’il avait sa vie. Une proposition intéressante. Une véritable chance pour lui. Qu’il aurait été irresponsable de sa part de laisser passer…
- Et nous alors ?…
- Vous ?… Je garderai un excellent souvenir de vous et des moments que nous avons passés ensemble…
Ca nous faisait une belle jambe…

Il pouvait pas nous faire ça. Non. Il pouvait pas. Il avait pas le droit…
- J’m’en fiche !… S’il part au Canada j’y pars aussi…
- Et moi pareil…
En tout cas sans lui plus personne en ferait de la danse… Personne… C’était pas la peine… Là-dessus tout le monde était d’accord… Ils avaient plus qu’à la fermer leur école…

- Ce qu’on devrait faire, c’est le retenir de force… Le kidnapper, le ligoter et aller le cacher quelque part…
- Et si, au lieu de raconter des âneries, on s’occupait de ce qu’on allait lui offrir plutôt… Il y a toujours un cadeau quand les gens ils partaient comme ça… Surtout lui !…
- Faudrait trouver quelque chose de bien… Qui marque… Qui l’oblige à penser à nous… Même dans vingt ans… Même dans trente ans…
- Un beau livre sur la danse ?…
- Il doit déjà en avoir des dizaines, tu parles !…
- De la musique ?…
- Pareil…
Alors on voyait pas… Non… On voyait vraiment pas…

Léopoldine, elle, elle avait bien une idée, mais elle savait pas si elle pouvait la dire…
- Vous allez vous moquer…
- Mais non !… Vas-y !…
- Une fessée… Qu’il nous donne une fessée… A toutes celles qu’il voudra et qui voudront… Aussi fort qu’il voudra…
- C’est ça !… Et puis quoi encore ?…
- T’as toujours été un peu cinglée, mais alors là cette fois ça bat tous les records…
- C’est un truc pourtant… Il s’en souviendrait longtemps… Et nous aussi…

Elle avait pas forcément tort finalement Léopoldine…
- Parce que il y a plein d’hommes ils adorent ça mettre des fessées…
- Et il y a des femmes elles adorent ça en prendre…
- Oui, ben pas moi alors là !…
- T’as jamais essayé !…
- Ben j’aime pas ça quand même !…
- De toute façon personne sera obligée, hein !…
- Oh ben si, si !… Parce que si il y en a qui veulent pas qu’est-ce qu’il va penser d’elles !…

Est-ce qu’il aimerait seulement ça au moins nous mettre la fessée ?
- Ah ben oui !… Oui!… T’as jamais entendu comment il nous en menace des fois?…
- Oh, mais c’est pour rire !… Il plaisante…
- Quand on plaisante sur un truc ça veut toujours dire quelque chose…

Bon, mais allez !… On allait pas en discuter comme ça pendant des jours et des jours. Surtout qu’il approchait à toute allure le dernier cours. Alors Emilie, elle, elle était d’accord. Qui d’autre ?… Léopoldine… C’est elle qu’avait proposé… Elle était sûre-certaine que ça allait lui plaire en plus… Claire-Sophie aussi elle voulait bien… Ca lui était égal… Et Mathilde… En haussant les épaules… Et puis Ophélie et Cynthia… Puisque tout le monde était d’accord elles allaient pas se singulariser…

Le dernier jour. Le grand jour. On a tout enlevé. Toutes. Sauf un petit haut. On s’était mises d’accord sur le petit haut. Et sur les chaussettes. C’est Emilie qu’avait voulu les chaussettes. Et on l’a attendu, côte à côte, le nez au mur, les mains refermées sur la barre…

La porte. Des pas dans l’entrée…
- Le voilà !…
Dans le couloir. Des pas. Encore des pas… Ca s’est approché. Plein de pas…
Il y avait le maire avec lui. Et les adjoints. Et trois bonshommes et deux bonnes femmes qu’on ne connaissait pas…
On a couru se rhabiller… Le plus vite qu’on a pu…
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Escobarines: L'enveloppe





L’enveloppe était posée à même la boîte aux lettres en bois de la directrice. Sur le dessus. Une volumineuse enveloppe blanche. Personne dans le couloir. D’instinct, sans réfléchir, sans même savoir pourquoi, je m’en suis emparée, je l’ai glissée sous mon chemisier et j’ai rejoint les autres…

Il y avait quoi dedans ?… J’ai prétexté l’arrivée inopinée de mes règles pour monter au dortoir où je l’ai fébrilement ouverte, le cœur battant. Des liasses et des liasses de billets. Que j’ai remises dans l’enveloppe. M’en débarrasser. Le plus vite possible. Avant qu’on ne la trouve en ma possession. Avant qu’on ne m’accuse d’être une voleuse… Prise de panique, je l’ai dissimulée sous un matelas, au hasard, et je me suis enfuie…

La directrice a surgi en classe, nous a fait lever et nous a laissées debout auprès de nos pupitres…
- Bien… J’attends que la coupable se dénonce…
On s’est toutes regardées, stupéfaites, sans comprendre…
- Il y en a forcément au moins une qui sait de quoi il est question…
Elle a exigé qu’on la fixe dans les yeux les unes après les autres. Je n’ai pas baissé les miens. Je n’ai pas cillé…
- Alors ?… Non ?… Bien… Vous sortez…En silence… On va fouiller la salle… Vous laissez toutes vos affaires sur place…

- Qu’est-ce qui se passe ?… Quelqu’un sait quelque chose ?…
Personne ne savait rien, non, mais tout le monde croyait savoir quelque chose quand même… Alice qu’une fille tenait un journal intime dans lequel elle disait pis que pendre de tous les professeurs… Margot qu’il y en avait une qui recevait en cachette des lettres d’un amoureux… Cécile qu’une fille descendait piquer du chocolat et des gâteaux la nuit dans la réserve…

On nous a fait rentrer. On n’avait rien trouvé. Les recherches allaient se poursuivre. En étude. Au réfectoire. Au dortoir… Au dortoir où… C’était qui la fille à qui j’avais fait ce cadeau empoisonné ?… Deuxième lit dernière rangée côté fenêtre… J’ai réfléchi… C’était Bénédicte… Bénédicte qui fixait innocemment le tableau sans se douter de rien… Bénédicte… Ca pouvait pas plus mal tomber… On est venu la chercher…
- Bénédicte… Chez Madame la Directrice…

- Elle est renvoyée…
Toutes les filles l’ont entourée Alice…
- C’est sûr ?…
- Comment tu sais ça ?…
- Qu’est-ce qu’elle a fait ?…
- Volé tout l’argent du trimestre… Chez la directrice… On l’a retrouvé dans ses affaires…
- Ca m’étonne pas !… D’elle ça m’étonne pas… Tout de suite j’ai pensé à elle…
- Moi aussi… Avec les parents qu’elle a elle a été à bonne école…
- A part piquer à droite et à gauche de quoi veux-tu que ça vive ?…
- A se demander même comment ils font pour payer la pension…
- Ils la payent pas, tu parles !… Sûrement qu’il y a des arrangements…
- En tout cas elle est dans de sacrés beaux draps…
- A vie ça va la suivre maintenant… A vie…
- La connaissant elle fera ce qu’il faut pour la directrice… Alors ça !…

- Mais c’est pas toi !…
- C’est pas moi, non !…
- Ben alors !… Pourquoi tu veux aller te dénoncer ?…
- Parce que… Parce que pour moi ça n’aura pas les conséquences que ça aura pour elle…
- Et alors ?… Qu’est-ce t’en as à faire de cette fille ?… Elle avait qu’à pas voler, hein !…
- Oui, mais quand même… Quand même…
- Faut être folle pour faire un truc pareil… Tu es complètement folle…

La directrice a poussé la feuille vers moi…
- Tu vas commencer par me signer tes aveux…
Elle l’a reprise. A vérifié…
- Bien… Eu égard à la gravité des faits je devrais te renvoyer sur le champ, mais… tu es une excellente élève, l’une des meilleures… Et j’ai toujours entretenu avec tes parents d’excellents rapports… Je veux bien en outre tenir compte de ce que rien ni personne ne t’obligeait à rétablir la vérité… Que c’est de ton propre chef que tu l’as fait… Aussi vais-je te laisser la possibilité, pour cette fois, d’opter pour une sanction moins définitive qui te serait bien entendu, si tu t’y résous, administrée publiquement… Que décides-tu ?…
- Je remercie Madame la Directrice de sa bonté…
- Parfait… Alors tu te déshabilles… Complètement… Et tu me suis…

Escobarines: Mademoiselle Collignon





- Zut !… Mon savon… Il a filé de ton côté par en-dessous… Tu me le refais passer ?… Merci… Bon, mais alors du coup tu rentreras jamais chez toi le week end si t’habites si loin… Tu resteras ici…
- Ben oui…
- Tant mieux !… J’aurais encore été toute seule sinon… Comme l’année dernière… Qu’est-ce que je pouvais m’emmerder !… Je passais mon temps à attendre le lundi que les autres reviennent et que les cours reprennent… C’est quand même con, avoue !… Bon, mais et toi ?… Raconte !… Comment ça se fait qu’on t’a envoyée ici, toi ?…
- Je foutais rien de rien… Et j’ai fait des conneries en plus… Et pas des petites… C’est pour me visser qu’ils ont dit…
- Oui… Oh, tu verras… Y a quand même pas trop à se plaindre… Ca pourrait être pire… Le tout c’est de te faire oublier… Si tu les emmerdes pas elles t’emmerderont pas…
- C’est vrai qu’elles ont le droit de nous donner la fessée ?…
- Ah ben oui… Oui… Les lois elles sont comme ça dans ce pays ici… C’est même écrit dans le règlement… Tu l’as pas lu ?…
- Si… Justement…
- Elles ont le droit, mais elles le font pas… Depuis que je suis là – ça fait deux ans – j’ai encore jamais vu une fille en recevoir une… Peut-être qu’il y en a qui en prennent quand elles sont convoquées chez la directrice et qui s’en vantent pas… Ca, c’est possible – je sais pas – mais autrement… T’en as qui t’en menacent, oui… Comme la Duclos… Ou la Vaissier… Et là tu te tiens à carreau… Parce qu’elles rigolent pas ces deux-là et que tu sais qu’elles hésiteraient pas à te le faire… Ou bien la Collignon, mais elle !…
- C’est qui, celle-là ?…
- Celle de Maths…
- Ah oui… Et c’est elle qu’est restée pour nous surveiller vu qu’on part pas en week end…
- Voilà, oui… Vingt fois par jour elle te cause de son martinet… Qu’on va voir ce qu’on va voir quand elle va le sortir… Qu’on a intérêt à préparer nos fesses… Qu’elles vont s’en souvenir… Sauf que personne l’a jamais vu ce fameux martinet… Que personne le verra jamais… Parce qu’il existe pas… Et tu sais ce qui se dit ?… Que elle c’est autre chose qu’elle a jamais vu…
- Quoi donc ?…
- La queue d’un homme… Elle est toute neuve, il paraît…
- Hein ?… Mais quel âge elle a ?…
- Cinquante… Sûrement quelque chose comme ça…
- Et… Non, c’est pas possible ça… Je te crois pas…
- Si je te le dis !… Du coup tu sais pas ce qu’on lui a fait un jour ?… Mais tu le répètes pas, hein ?…
- Oh ben non, non…
- On s’est mises à trois et on lui a écrit une belle lettre comme si ça venait d’un homme qui aurait été amoureux fou d’elle…
- Et alors ?…
- Et alors rien au début… Sauf qu’elle devait sacrément se demander qui ça pouvait bien être… On a attendu un peu et on lui en a renvoyé une autre… Où il disait qu’il était sûr qu’elle savait qui il était… Encore une autre… Et pourquoi elle lui répondait pas ?… C’était cruel… Elle était cruelle… Alors que lui nuit et jour il ne pensait qu’à elle… Il n’en dormait plus… Il n’en mangeait plus… Il ne vivait plus que pour le bonheur de l’apercevoir quelques instants, le dimanche, à la messe… Et patati et patata… On s’est prises au jeu… On lui en a envoyé de plus en plus… De plus en plus chaudes… Torrides… Tous les jours elle en recevait à la fin… Et elle se dépêchait de filer à la récré de dix heures pour aller chercher son courrier… Comment ça nous faisait rigoler !… Pour finir le type il lui a soi-disant donné rendez-vous un dimanche dans le parc derrière la mairie… Et évidemment moi je suis allée me planquer pas loin pour voir si elle allait venir… Et ce qu’elle allait faire…
- Elle est venue ?…
- Evidemment qu’elle est venue…
- Oh, la vache !… Comment vous avez dû vous marrer…
- Une heure en avance elle était… Et elle avait sorti le grand jeu : une robe à fleurs comme il s’en fait plus depuis un siècle et demi et un espèce de chapeau que le type il aurait explosé de rire s’il avait existé et s’il avait vu ça… Elle l’a attendu trois heures avant de se décider à rentrer en se retournant tous les deux mètres pour voir s’il était pas en train d’arriver… Mais tu sais pas le plus beau ?…
- Non…
- C’est qu’elle y est retournée le dimanche suivant… Parce qu’on l’avait fait s’excuser… Il avait eu un empêchement… Sa pauvre mère était tombée gravement malade… Mais là il allait venir… C’était sûr et certain…
- Et il est pas venu…
- Il risquait pas…
- T’as pas entendu quelque chose ?…
- Non… Quoi ?…
- Comme quelqu’un qui essayait de se retenir de tousser…
- Mais non !… Tu te le seras imaginé… Bon, mais je sors, moi, j’ai fini…

Escobarines: Les deux-troncs





- Non, mais tu y crois, toi, que quand on était petites on adorait ça venir ici ?…
- Fallait vraiment qu’on soit petites… Et particulièrement connes…
- On se casse ?…
- Pour avoir la pantomine pendant des mois ?… S’entendre répéter sur tous les tons qu’on est des sans-cœur ?… Qu’on n’a même pas pu consacrer une semaine de nos vacances à tante Sophie qu’est tellement vieille que peut-être que dans un mois elle sera crevée…
- Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir foutre ?…
- A part se faire des mecs je vois pas trop…
- Il y en a pas beaucoup… Et la plupart, apparemment, ils sont en mains…
- Oh alors ça, pour moi, c’est pas vraiment un problème… Celles qui les ont si elles sont pas fichues de les garder c’est tant pis pour leur pomme…
- Oui, mais il y a Kevin… J’y tiens, moi, à Kevin…
- Parce que tu crois que j’y tiens pas, moi, à John ?… C’est pas une raison pour pas s’éclater quand il y a une occasion qui se présente… Du moment qu’ils risquent pas de le savoir… Surtout là que si on n’a pas au moins ça c’est forcément le suicide qui nous guette…

- Vous êtes pas du coin ?…
- Comme si vous le saviez pas…
- Non… Vous êtes pas du coin… Mais vous l’êtes un peu quand même… En tout cas qu’est-ce que vous avez changé !… C’est impressionnant…
- En dix ans… Forcément…
- Comme vous êtes devenues maintenant comment ça donne envie de faire plus ample connaissance…
- « Comme on est devenues… » C’est-à-dire ?… Plus intelligentes ?… Plus cultivées ?… Plus réfléchies ?…
- Oui… Voilà… Tout ça…
- Ah ben merci !… Merci !… C’est sympa… C’est agréable… Alors c’est comme ça que vous nous voyez !… C’est pour ça qu’on vous intéresse… Autant nous dire carrément en face qu’on est des gros thons, quoi !…
- Hein ?!… Mais jamais de la vie !… On n’a pas dit ça !…
- Non, mais ça revient au même… Exactement au même… C’est comme si vous l’aviez dit…
- Mais on le pense pas…
- Oui… Ben alors ça !… Pour nous en convaincre vous allez devoir vous donner du mal…

- Alors ?… Toi ?… Le tien ?…
- Bof !… Mais alors là un gros gros bof… Et toi ?…
- Vaut même pas le détour… On s’est fait avoir sur toute la ligne, quoi !…
- On a été connes… Parce que les deux autres en boîte, au comptoir, ils étaient beaucoup plus mignons… Ils auraient été beaucoup plus câlins, je suis sûre… Et beaucoup plus… compétents…
- Il est pas trop tard… C’est facile… On sait où les retrouver…

- Tu vois… Je t’avais dit…
- Ah oui !… Là… Ouche…
- Par contre il y avait une fille elle me tirait une de ces gueules !…
- Moi, pareil !… Leurs copines sûrement… Mais qu’est-ce qu’on s’en fout !… Dans trois jours on n’est plus ici…

- Salut !… Dites-nous un truc, là… Les gars d’ici vous avez l’intention de les essayer tous les un après les autres ?…
- Il y a pas marqué « Chasse gardée » dessus…
- Il y a pas marqué, non… Mais enfin ça coule quand même un peu de source qu’il y a des filles qui ont des vues dessus… Ou même qui sont carrément avec… Dans un sens c’est pas trop grave : dès que vous vous serez tirées on les récupérera… Mais dans un autre faudrait quand même qu’on marque le coup… Qu’ils aillent pas s’imaginer, les mecs, qu’on laisse tout passer sans réagir…
- Ce qui veut dire ?…
- Que notre petit doigt nous a raconté quelque chose…
- Oui… A ce qu’il paraît que là-bas, où vous habitez, il y a un truc que vous adorez qu’on vous fasse… Panpan cucul, pour être plus précises… Et par les filles aussi bien que par les garçons…
- Qui c’est qui vous a parlé de ça ?…
- Ca n’a pas d’importance qui c’est…
- Sonia… Ca peut être que Sonia…
- Ou Stéphanie… Quelles garces !…
- Mais d’où elles les connaissent ?… D’où vous les connaissez ?… Elles sont à des centaines de kilomètres d’ici…
- Ca, ça nous regarde comment on a su… Mais on a su… On a même su que pour vous, des fois, c’est carrément l’extase… A condition que ça dure… Que ça s’éternise même… Alors du coup qu’on vous en mette une, nous, ça vous dirait pas ?… Avec les mecs planqués pas loin à regarder… Parce que paraît que c’est surtout ça votre truc… Des mecs que vous pouvez faire semblant de pas savoir qu’ils sont là… Vous y trouveriez votre compte… Et nous, on sauverait la face… A condition que vous résistiez au début, que vous fassiez semblant de vous débattre… Qu’ils croient – c’est ce qu’on va leur dire – qu’on vous a tendu un piège pour se venger et que vous êtes tombées dedans…

- C’est où qu’elles ont dit qu’il fallait qu’on aille ?…
- Aux Deux-Troncs…
- Tu sais où c’est ?…
- Evidemment que je sais…
- Et qu’est-ce qu’on va faire ?… On va y aller ?…
- Un peu qu’on va y aller… T’as pas envie ?…
- Si !…
- Eh ben alors…

Escobarines: La novice





- Notre communauté accueillera demain en son sein une recrue qui l’honore… Et qui va définitivement la mettre à l’abri du besoin… Je compte donc sur vous, ma sœur, pour faire en sorte que son arrivée parmi nous s’opère dans les meilleures conditions…
- J’y veillerai, ma mère… Mais si vous souhaitez m’en dire davantage…
- Les grands de ce monde ont parfois des faiblesses…
- Que Dieu leur pardonnera pourvu qu’ils fassent amende honorable et s’efforcent de racheter leurs fautes…
- La jeune personne qui va nous rejoindre est de noble extraction… Très très noble… On ne peut plus noble, mais… malheureusement… illégitime…
- Je prierai pour Sa Majesté…
- Qui tient à ce que le secret de cette naissance soit scrupuleusement gardé… La principale intéressée elle-même doit tout en ignorer… Il lui suffit de savoir, pour s’en repentir, qu’elle est le fruit du péché…
- Ainsi sera-t-il fait… Quant à son éducation ?…
- On nous laisse carte blanche… Nos chères soeurs languedociennes auxquelles elle a été confiée jusqu’à sa majorité paraissent, dans l’ensemble, satisfaites et de son caractère et de sa docilité et de sa piété… Elle semble toutefois prédisposée, de par ses origines, quand bien même elle les ignore, au péché d’orgueil et à celui de luxure… Ce sont là des vices dont je ne doute pas, ma sœur, que vous aurez à cœur de la corriger…
- Vous pouvez compter sur moi, ma mère…

- Voilà une semaine entière – depuis que vous êtes arrivée parmi nous – que nous vous observons, ma fille, notre mère Supérieure et moi… Vous faites des efforts louables pour vous conformer, du plus près possible, à notre idéal de vie religieuse et nous vous en savons gré… Nous vous en saurions infiniment plus gré encore si vous ne promeniez pas partout cet air de perpétuel contentement de vous-même… Si vous ne cherchiez pas en permanence à susciter l’admiration par un comportement irréprochable… De toutes les vertus l’humilité est la plus noble… Il semble malheureusement que vous en ayez été fort peu pourvue à la naissance… Il est de notre devoir, vous en conviendrez très certainement, de vous la faire acquérir, fût-ce à votre corps défendant…
- J’en conviens, ma sœur… Et avec l’aide de Dieu…

- Qu’est cela, ma fille ?… Que faisiez-vous ?…
- Rien, ma sœur… Rien…
- Et que vous efforcez-vous donc de cacher là ?… Faites voir !… Allons, faites voir !… Un miroir ?!… Vous savez fort bien que la possession d’un miroir est formellement prohibée dans l’enceinte du couvent…
- Pardonnez-moi, ma sœur…
- De quelle utilité vous est donc un miroir ?… Qu’avez-vous à vous soucier de votre apparence ici ?… Eh bien répondez !… Expliquez-vous !…
- Je suis coupable…
- Sans aucun doute… Ne savez-vous donc point que votre corps n’est qu’une méprisable et périssable enveloppe charnelle… Que c’est votre âme qu’il faudra rendre à Dieu… Et que vous serez comptable, ce jour-là, de chacun de vos actes, de chacune de vos pensées… Ne le savez-vous donc point ?…
- Si fait, ma soeur…
- De quelle nature étaient donc les pensées qui vous habitaient quand je suis survenue ?…
- Ma sœur…
- Et quelle est la partie de vous-même que vous contempliez avec une telle attention ?…
- Oh, ma sœur !...
- Dites...
- La plus impure…
- C’est bien en effet ce qu’il m’a semblé… Dans quel but ?… Ignorez-vous que ce péché, si vous le commettez, vous expose à la damnation éternelle ?
- Que Dieu me vienne en aide…
- Il le fera… Si vous avez à cœur de confesser vos fautes…
- Je n’y manquerai pas, ma sœur…
- Et si vous prenez la ferme résolution de ne plus céder, à l’avenir, à la tentation…
- J’y suis prête…
- Vous y parviendrez si vous consentez à mortifier votre chair… A la punir de chercher à vous détourner ainsi de la voie du salut…
- Je le ferai…
- C’est-à-dire ?… Allez-vous vous appliquer à vous-même la discipline ?…
- Puisqu’il le faut…
- Ne craignez-vous point de faire preuve, à cette occasion, d’une indulgence coupable à votre propre égard ?…
- Ne suis-je pas la plus mal placée pour en juger ?…
- En effet… C’est donc moi qui, dans l’intérêt de votre salut, vais officier…
- Je vous en ai une infinie gratitude, ma sœur…
- Il ne vous reste plus dès lors qu’à vous dépouiller de vos vêtements…