samedi 17 septembre 2011

Escobarines: Au bureau ( 8 )


Lundi 9 Octobre

- Tiens, tu t’es fait couper les cheveux…
- Oui… Un moment que j’y pensais… Tu trouves que ça me va pas ?…
- J’ai pas dit ça, non… Mais ça te vieillit… Ca te donne un air sérieux !… Presque intimidant…

Fabrizia est sortie en pleurs du bureau de Madame Lambert… Qui a surgi sur ses talons… Qui a déposé trois ou quatre feuillets sur ma tablette d’ordinateur…
- Tenez , Mademoselle Dumas… Vous voudrez bien me réécrire ce texte dans un Français correct, puisque votre collègue, malgré tous ses diplômes, s’avère parfaitement incapable d’aligner deux phrases de suite qui tiennent debout…

Et il fallait bien reconnaître que…
Je me suis discrètement penchée vers Clarisse…
- Elle le fait exprès ?… Pour qu’elle la punisse ?…
Clarisse a éclaté de rire et claironné…
- Oh non, non !… Là-dessus elle a pas besoin d’en rajouter…
Emilie a surenchéri…
- Attends de l’avoir lue !… Si tu y arrives… Parce que pour comprendre quelque chose à ce qu’elle raconte…
Et Sybille a conclu…
- Elle est nulle !… Elle est complètement nulle… Plus nulle qu’elle tu meurs…

- Ah, ben voilà !… Voilà !… C’est clair… C’est cohérent… Lumineux… Sans la moindre incorrection syntaxique… Dorénavant, Madame Delagrave, vous soumettrez tous vos travaux à Mademoiselle Dumas qui les supervisera et les corrigera… Il serait également souhaitable qu’elle prenne un peu de temps pour s’efforcer de vous inculquer, si tant est que cela soit possible, quelques rudiments grammaticaux…

- Comment elle avait l’air vexée !…
Sybille – on rectifiait nos maquillages respectifs toutes les deux, pendant la pause, devant la glace – a haussé les épaules…
- Tu l’aurais pas été, toi, à sa place ?!… Se faire reprendre comme ça, à son âge, avec ses vingt ans d’expérience, devant une gamine qui débute… A qui on demande de lui donner des leçons… De lui apprendre pour ainsi dire son métier… Il y a de quoi, non ?… Mais t’en fais pas… Elle adore ça avoir honte… Et pas qu’un peu… Je te parie ce que tu veux qu’elle était à tordre sa petite culotte… Et que ce soir…

- Asseyez-vous, Mademoiselle Dumas… Vous êtes, à l’évidence, extrêmement compétente… Je dirais même extrêmement brillante… Ce sont des qualités qu’il n’est évidemment pas question de vous reprocher… Dont nous n’avons ici qu’à nous louer… Reconnaissez toutefois que, dans la mesure où vos collègues ne sont manifestement pas aussi douées que vous il y a là une forme criante d’injustice… Non ?… Vous n’êtes pas de cet avis ?…
- Je ne sais pas, Madame…
- Eh bien moi, je sais… Le talent a quelque chose d’éminemment indécent… Et, qu’on le veuille ou non, qu’on s’en défende ou pas, il finit toujours par déboucher sur d’insupportables boursouflures du moi… Dès lors le meilleur service qu’on puisse rendre à celles et à ceux qui sont manifestement affligés de dons hors du commun c’est de les ramener au sens des réalités… De leur offrir des compensations qui leur fassent sentir tout ce que leurs éminentes qualités ont d’inacceptable… Vous partagez mon point de vue, n’est-ce pas ?…
- Certainement, Madame…
- Parfait… Alors vous allez vous lever… Là… Et vous déculotter… Que je… Mais qu’est-ce que ?… Vous en avez reçu une… Oui, vous en avez reçu une… Et c’est tout récent…
Elle en a lentement et délicatement épousé les contours…
- C’est Clarisse, hein ?…
- Non, Madame…
- Bien sûr que si !… Ne mentez pas…
- Je vous jure que non…
- Qui alors ?…
- Je ne sais pas…
- Vous vous moquez de qui ?… Si, c’est Clarisse !… Evidemment que c’est Clarisse… Non, mais elle se prend pour qui ?… Je le lui avais formellement interdit…
- Ce n’est pas elle…
- Taisez-vous !… Et, en ce qui vous concerne, je vous interdis… Vous m’entendez bien ?… Je vous interdis de vous laisser administrer dorénavant quelque fessée que ce soit par qui que ce soit… J’ai des projets vous concernant et je ne tiens pas à ce que vous les compromettiez par votre inconséquence… En attendant reculottez-vous !… Et retournez travailler…

Escobarines: Au bureau ( 9 )


Mercredi 11 Octobre

- C’est quand même pas sorcier, Fabrizia, écoute !… Si tu venais – imparfait de l’indicatif – je serais – conditionnel – heureuse… Tu comprends ?…
- Ca paraît simple quand t’expliques, mais dès que je dois le faire toute seule je mélange tout…
- Vas-y, essaie !… Je te laisse… Je viendrai voir après…

Madame Lambert est sortie de son bureau, s’est penchée par dessus son épaule, s’est attardée…
- Eh ben vous avez du pain sur la planche, Mademoiselle Dumas… Vous avez vraiment du pain sur la planche… Mais vous avez aussi carte blanche… Si vous estimez qu’une fessée peut être d’une utilité quelconque n’hésitez pas !… Vous avez ma bénédiction…

- Tu le fais exprès, c’est pas possible…
- Mais non, j’te jure…
- Tu perds ton temps… Personne n’a jamais réussi à lui faire entrer quoi que ce dans le crâne…
- Elle est comme ça elle est comme ça… C’est pas de sa faute…
- Colle-lui en une !… Qu’est-ce que t’attends ?… Elle t’a dit que tu pouvais le faire Madame Lambert n’importe comment… Alors colle-lui en une…
- Bon, allez !… On réessaie… Une dernière fois…

- C’est la seule solution avec elle… On te l’avait dit… On te l’avait pas dit ?…
Elles se sont approchées, ont fait cercle…
- Tu vas t’en prendre une, Fabrizia… Tu n’as pas honte ?…
- Si…
- Et par Alyssia en plus…
- Qu’a même pas la moitié de ton âge…
- Nous, à ta place, comment on se sentirait vexées !…
- Surtout que tu l’as pas volée… Si c’était pas mérité encore…
- Vas-y, Alissya !… Vas-y !… Déculotte !… Là…
- Ce popotin !…
- Allez, ma chérie, rougis-nous ça comme il faut !…
- Ah oui, ça pique, hein !… C’est fait pour ça…
- Remue pas comme ça !… On voit tout…
- Et pas qu’un peu !…
- Elle s’en fiche, on dirait…
- C’est pas qu’elle s’en fiche, c’est qu’elle est pas bien courageuse…
- Faut dire qu’elle y va pas de main morte, la petite !…
- Oh, mais braille pas comme ça… On s’entend plus…
- Comment elle lui met rouge…
- Oh, non, non, t’arrête pas…
- Oh, déjà !…

- Non, te reculotte pas !… Va au coin !… Et prends ça…
Sa feuille bourrée de fautes…
Les autres ont regagné leurs places…
- Eh ben dis donc !… On peut pas dire… Toi, tu sais y faire…
Sybille a glissé sa main sous sa tablette…
- Excusez-moi, les filles, mais alors là ça peut pas attendre…
Ca a pas attendu…

A midi on est descendues déjeuner toutes les cinq ensemble… Sur le pas de la porte Fabrizia nous a lancé un regard lourd de recoonnaissace…
- Merci, les filles… Merci beaucoup… Merci à toutes…

Sybille a absolument tenu à ce que je l’accompagne chez elle…
- Oh, si, si !… Qu’il fasse ta connaissance Lucas… Lucas ?!… T’es où ?… Ben t’es où ?… Tu vas voir qu’il va pas être rentré… Comme l’autre jour… Et moi qui voulais que ce soit toi qui lui racontes pour ce matin… Ce qu’il peut être chiant quand il s’y met !…
- Il va peut-être arriver…
- Oui, oh, alors ça !… S’il est à discuter football au bistro avec ses copains c’est un coup de deux heures du matin… Et il va me revenir dans un état !… Pas la peine que j’espère quoi que ce soit… Et justement ce soir… Que j’aurais eu besoin de lui… Et pas qu’un peu… Parce que, quand j’en ai vu une, moi, pendant trois jours je peux plus penser qu’à ça… Et alors je te dis pas l’effet… Seulement à force de jamais l’avoir sous la main quand j’ai besoin tu vas voir que je vais finir par m’en trouver un autre, moi !… Et ça va pas boîter… Bon… Mais tu comptes faire quoi, toi, maintenant ?…
- Comment ça je compte faire quoi ?…
- Ben pour Fabrizia…
- Ca, ça dépend de Madame Lambert…
- C’est au bureau Madame Lambert… En dehors on fait bien ce qu’on veut… Et tu trouverais moyen de lui mettre la honte devant tout un tas de gens je te parie ce que tu veux qu’elle te prendrait un de ces pieds…

Escobarines: au bureau ( 10 )


Jeudi 12 Octobre

- Je suis très satisfaite de vous, Mademoiselle Dumas… Vous en avez usé hier avec Madame Delagrave exactement comme il convenait…
- Comment vous savez ?… Vous avez assisté ?… Vous étiez où ?…
- Les questions, ici, c’est moi qui les pose…
- Pardon… Excusez-moi !…
- Vous aurez maintenant à cœur, j’ose l’espérer, de ne pas vous arrêter en si bon chemin… Madame Delagrave a besoin d’être sérieusement prise en mains… Et, malgré votre très jeune âge, vous avez toutes les qualités requises pour vous imposer à elle et lui faire réaliser des progrès qui – comme vous avez pu le constater – s’avèrent indispensables…
- Je ferai de mon mieux, Madame…
- Vos trois autres collègues – vous vous en apercevrez rapidement – laissent aussi, à des titres divers, beaucoup à désirer… Je ne puis malheureusement pas être constamment derrière leur dos… C’est pourquoi j’ai décidé de vous déléguer une partie des responsabilités qui sont les miennes… Je les en aviserai tout à l’heure… Vous aurez à faire preuve à leur égard de la plus grande fermeté… N’hésitez pas à vous imposer à elles, de la manière que vous savez, chaque fois que vous l’estimerez nécessaire… Je compte sur vous… Voilà… C’est tout… Vous pouvez regagner votre poste…

Emilie a marmonné entre ses dents…
- Sale petite garce !… Elle a su manœuvrer, va !…
- Pardon ?!… Qu’est-ce que tu dis ?… Répète pour voir…
- Moi ?… J’ai rien dit… Absolument rien…
- C’est ça, oui…
- Si t’entends des voix j’en suis pas cause…
- Méfie-toi bien !… Tu pourrais t’en ramasser une avant d’avoir compris d’où elle tombe…
- Oui, ben alors là !… Tu peux toujours venir t’y frotter…
- Ah, tu le prends comme ça !… Attrapez-la moi, vous autres !…
Sybille a fait un pas en avant…
- Reste où t’es, toi !…
Un deuxième… Elle lui a craché dessus… C’est venu s’écraser sur sa joue… Elles se sont ruées l’une sur l’autre. Clarisse et Fabrizia sont venues à la rescousse…
- Lâchez-moi !… Foutez-moi la paix !… Pauvres connasses !…
- Tu sais ce qu’elles te disent les connasses ?…
Elles l’ont immobilisée… Les bras… Le buste… Les jambes…
- Vas-y !… On te la tient…
- A quoi ça te sert de faire ta maligne, hein ?… Puisque de toute façon tu es obligée d’en passer par où on veut… Puisque de toute façon je vais te déculotter…
- Essaie pour voir…
- Tu comptes m’en empêcher ?… Pauvre idiote !… Je fais ce que je veux… C’est moi qui décide… Et tu la fermes… Ah oui, tu vois, tu la fermes… C’est bien… Tu deviens raisonnable…
- Tu perds rien pour attendre… Toi comme les autres… Vous allez voir ce que vous allez voir…
- Mais oui, c’est ça… C’est ça… Bon… La culotte… Allez, la culotte !…
Descendue… Retirée… Balancée sous son nez à bout de bras…
- C’est quoi, ça ?… Hein ?… C’est quoi ?!…
- Tu me le paieras... Je te jure que tu me le paieras…
- Mais bien sûr !… En attendant t’as le cul à l’air… Devant tout le monde… C’est d’une indécence !… Ca mérite une punition, reconnais !… Et une bonne…
- Si tu fais ça… Alors là, si tu fais ça…
- Eh bien ?!… Si je fais ça… quoi ?… Je vais me gêner…
Et c’est tombé… Dru…

- Attendez !… Attendez !… La lâchez pas !… Tu te rappelles l’autre jour ?… Qu’est-ce tu m’as fait l’autre jour ?… Hein ?… Tu te rappelles ?…
Je me suis penchée... Et j’ai mordu… A pleines dents… A pleines fesses… Elle a hurlé… Elles l’ont lâchée…

Sybille s’est montrée formelle…
- Elle apprécie beaucoup plus avec toi qu’avec qui que ce soit d’autre Emilie, attends !… J’ai l’habitude depuis le temps…
- Ah oui ?!… Je fais rien de spécial pourtant… Une fessée, c’est toujours une fessée… Il y a pas trente-six mille façons de la donner…
- C’est pas de la donner qui compte… C’est de la parler… C’est les mots qui vont avec… Et ça… il y en a pas beaucoup qui savent faire…
- Je sais pas… Je me rends pas compte…
Elle, si !… Je peux t’assurer que si… Et qu’elle va s’offrir une de ces orgies de bonheur ce soir, en repensant à tout ça, dans son grand lit à extases…

Escobarines: Au bureau ( 11 )


Vendredi 13 Octobre

Dans la voiture, Clarisse aussi était de cet avis…
- Elle a raison… Evidemment qu’elle a raison Sybille… Je sais pas comment tu t’y prends… Je sais pas comment tu fais, mais avec toi on est dans un autre registre… Il se passe quelque chose… De différent… De plus… Tu sais aller nous chercher très exactement là où on est… D’instinct… Tu ne t’en rends peut-être pas compte…
- Pas du tout, non…
- Mais, rien que par ta façon d’être, de te tenir, de parler, de regarder, tu fais remonter des tas de choses… De très loin… Des choses pour lesquelles on sait, sans vouloir l’admettre, qu’on mérite d’être punie… Des choses pour lesquelles, pour rien au monde, on ne voudrait se laisser punir par qui que ce soit… Sauf par toi… C’est complètement fou… C’est incompréhensible… Mais c’est comme ça…
- Tourne à droite, là… Tourne…
- Pourquoi ?…
- Tourne, j’te dis… Là… Encore à droite… Et gare-toi !… Eteins le moteur !… Tu me diras ce que c’est que ces choses… Mais pas tout de suite… Le moment venu… Tout de suite, c’est pas pour ça que tu vas être punie… C’est pour avoir autant envie d’être punie pour ces choses-là…
- Ici ?…
- Evidemment ici… C’est désert…
- Oui, mais…
- Mais ?…
- Non… Rien…
- Monte sur le siège… A genoux… Là… Oui… Déculotte-toi !… Comme ça, c’est bien… Et relève ta jupe… Plus haut… Ah, ben non !… Plus haut… Encore !… Allez, encore!…

Je n’ai rien eu de plus pressé, en arrivant au bureau avec elle, que de leur raconter…
- Dans la voiture ?… C’est vrai ?… Mais quelqu’un aurait pu passer !…
- Bien sûr !… C’est ce qui faisait tout l’intérêt de la chose…
- Quand on sait comment elle gueule en plus !… Elle aurait pu ameuter tout le quartier… Elle a gueulé, hein ?!… Oui, évidemment qu’elle a gueulé… T’as tapé fort ?…
- Elle va vous montrer…
- Oh, oui, oh là là, dis donc !…
- Un moment tu vas les avoir les marques…
- T’es sûr qu’il y a personne qu’est passé ?… Peut-être qu’il y a eu quelqu’un et que vous l’avez pas vu…
- Probable, même…
Elles étaient tellement absorbées dans leur contemplation qu’elles n’ont pas entendu arriver Madame Lambert… Qui a déposé un dossier sur la tablette de Fabrizia… Qui est repartie sans un mot…

- Mais enfin, Fabrizia, c’est pas possible, ça !… Tu le fais exprès… Ca fait douze fois que je t’explique…
- Mais non, mais… Ca se brouille… Ca arrête pas de se brouiller… Il y a des moments on dirait que ça devient clair et puis presque aussitôt ça recommence à se mélanger tout…
- C’est que tu fais pas attention… C’est que tu fais pas d’efforts…
- Oh, si !… Si !… J’te jure…
- Non… Et tu sais pourquoi ?… Parce qu’elles ne te font plus aucun effet les fessées… Devant les copines, comme ça, ici, c’est devenu la routine… Elles se sont habituées… Et toi aussi… Tu n’as même plus honte… Alors on va s’y prendre autrement… On va te trouver d’autres spectatrices devant lesquelles on va te punir… Après leur avoir longuement expliqué pourquoi…
- Tu vas pas faire ça ?…
- Je vais me gêner…
- Qui ?…
- Ca… Tu verras bien…

Sybille a voulu savoir…
- Non, mais c’est pas vrai ?… Tu vas pas le faire ?…
- Bien sûr que si !…
- Et tu vas les trouver où les filles ?… C’est des copines à toi ?…
- Non… Il y a d’autres services où il se passe la même chose que dans le nôtre… Suffisait de frapper aux bonnes portes… Et d’être suffisamment persuasive…
- Waouuuuh !… Elles vont pas en revenir les autres… Et tu vas le faire qu’à Fabrizia ?…
- Ben non, non !… Il y a pas de raison… Elles vont toutes y passer…
- Toutes ?… Je vais me régaler…
- Moi aussi… D’autant que toi aussi tu vas y passer…
- Moi ?…
- Toi, oui… Parce que c’est pas joli-joli, avoue, de se moquer comme ça, sans arrêt, du malheur de ses petites camarades… Ca mérite, non ?… Et pas qu’un peu…
- Ben oui, si, mais…
- Mais quoi ?…
- Non, rien… Rien…

Escobarines: au bureau ( 12 )


Dimanche 15 Octobre

- Ah, c’est toi !…
- Ben oui, c’est moi, oui !… Je te dérange ?…
- Non… Bien sûr que non… Il y a Lucas qu’est là, en plus, pour une fois… Tu vas pouvoir faire sa connaissance… Lucas ?!!!… Où t’es passé ?… Ben amène-toi !… C’est Alyssia… Tu sais ?!… Je t’ai parlé d’elle…
- Ca !… Pour me parler de toi, elle m’a parlé de toi !… Et Alyssia par ci… Et Alyssia par là… Et tu sais pas ce qu’elle a encore fait Alyssia ?… T’aurais vu cette fessée qu’elle lui a mise Alyssia à Emilie… Ou à Fabrizia… Ou à Clarisse… Et elle me raconte… En long… En large… Et en travers… Pendant des heures…
- Oh, l’autre !… Non, mais attends !… C’est pas toi qu’en réclame des détails peut-être ?…
- Pour te faire plaisir… Seulement pour te faire plaisir… Parce que t’aimes tellement ça raconter ce genre de trucs…
- Il est d’une mauvaise foi, mais d’une mauvaise foi !…
- Je sais pas s’il est de mauvaise foi ni si t’aimes raconter, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que t’aimes regarder…
- Ca m’étonne pas… Je l’imagine bien dans le rôle…
- Si vous vous liguez tous les deux contre moi…
- On se ligue pas… Et tu peux pas nier que quand je flanque des fessées là-bas tu jubiles… Et pas qu’un peu !… Alors normal que ce soit ton tour la prochaine fois… Et devant plein de monde en plus…
- Je sais… Tu me l’as déjà dit…
- Le problème, c’est que ce pauvre Lucas il sera pas là, lui… Alors que c’est le premier intéressé… C’est pas juste…
- Ca, c’est sûr…
- Evidemment… Il va pas dire le contraire…
- Alors le mieux, c’est qu’on lui offre un petit échantillon avant… Il a bien mérité ça, non ?… Oui, on va lui faire ce petit cadeau toutes les deux… Mais pas tout de suite… Il y a pas le feu… On va regarder un peu la télé avant… Ou discuter… Que t’aies le temps d’attendre… Et lui aussi…
- Tu es diabolique…
- Tu adores ça…
- C’est rien de le dire… Si tu savais !…

- Bon, allez !… Il est temps mettre ce petit derrière à l’air… Et lui donner de bien belles couleurs…
- Pas devant lui ?!…
- Bien sûr que si !… C’est pas devant lui que tu te moques de tes petites camarades qui reçoivent la fessée peut- être ?…
- Ben si, mais…
- Eh bien alors !… Enlève tes mains !… Enlève tes mains, j’ai dit !… Là !… Tu vois que tu peux te montrer raisonnable quand tu veux… Ah, oui, ça surprend, hein !… Et ça pique… C’est fait pour ça… Attends ceux-là !… Tu vas voir… Oui, hein ?… Ouille… Ouille… Ouille… J’en suis pas mécontente… Pas du tout… Et là ?!… Bouge pas !… Je les recommence… T’es très démonstrative… Ca va leur plaire aux filles… Je suis sûre que ça va leur plaire… Comme quoi, tu vois, on a bien fait de procéder à une petite répétition générale avant… On va les gâter… C’est la moindre des choses… Depuis le temps que tu profites des fessées qu’elles reçoivent sans rien leur offrir en échange… Qu’est-ce que tu peux être égoïste finalement !… Bon, mais accroche-toi !… On va passer à la vitesse supérieure maintenant… T’es prête ?… Oui ?!… Lucas aussi !… Tu verrais ça… Juste là où il faut il s’est mis… Et, depuis le début, il en perd pas une miette… Moi, à sa place, maintenant, je passerais de l’autre côté… Histoire de profiter de ta petite frimousse quand ça va prendre de la vigueur… A moins qu’il préfère te regarder gigoter… Parce que je peux t’assurer que tu vas lui ouvrir des aperçus !… Bon, mais il fait bien ce qu’il veut !… Allez, en route !…

- Comment t’as braillé !… Ah, tu peux dire de Clarisse !… T’es pire qu’elle… Ca t’a bien plu en tout cas !… Tu diras pas le contraire… T’es trempée… Littéralement trempée… Non, mais regarde-moi ça !… Tu n’as pas honte ?… Ah, quand elles vont savoir ça les filles…
- Tu vas leur dire ?…
- Non, c’est toi qui vas leur dire… Tu racontes tellement bien… Tu vas tout leur raconter lundi… Bien en détail… Que ça les mette en appétit…
- Ce sera quand que tu me le feras devant plein de monde ?…
- Tu verras bien…
- Il y aura que des femmes alors… Combien elles seront ?…
- Une dizaine…
- Que je connais pas ?…
- A part les trois du bureau, non…

- Tu viens, Lucas ?…
- Où ça ?…
- Dans la chambre… J’ai trop envie…
- Vas-y, toi !… Va sur le lit… J’arrive…

Escobarines: Au bureau ( 13 )


Lundi 16 Octobre

Madame Lambert marchait de long en large dans son bureau, en me jetant, à chaque passage, un regard furieux…
- Non, mais vous vous prenez pour qui ?… Ah, vous pouvez être fière de vous… Vous pouvez… Oh, mais si vous vous imaginez que ça va se passer comme ça !… Non, non, non, non… Vous allez me payer ça, ma petite… Et cher !… Très cher !… Très très cher !… Parce que… Qu’est-ce que je vous avais très exactement demandé ?… Eh bien !… Répondez !…
- De me substituer à vous pour punir mes collègues de travail chaque fois qu’elles le mériteraient…
- Et où ?… Ici… A aucun moment je ne vous ai autorisée à aller les corriger ailleurs qu’ici… Vous vous l’êtes pourtant permis… A plusieurs reprises…
- Je croyais… J’étais persuadée…
- Vous n’avez ni à croire ni à être persuadée… Mais à vous contenter de faire strictement ce que je vous demande de faire… Est-ce bien compris ?…
- Oui, Madame…
- Vous vous êtes en outre arrogé le droit d’aller solliciter des personnes étrangères à notre service… Et vous avez envisagé de fesser vos collègues devant elles… C’est vrai ou non ?…
- C’est vrai, mais…
- Mais sur l’ordre de qui ?… Vous en prenez à votre aise, Mademoiselle Dumas… Beaucoup trop à votre aise… Il va falloir y mettre bon ordre… Sans tarder… Et puisque vous appréciez tant que les réglements de compte aient lieu à l’extérieur du service je vous attendrai chez moi ce soir à 20 heures précises… C’est bien noté ?…
- Oui, Madame…
- Tâchez de vous montrer ponctuelle… Voilà… C’est tout… Vous pouvez retourner travailler…

- Entrez !… Vous savez ce qui vous attend, je suppose ?…
- Oui, Madame…
- Quoi ?… Dites-le !…
- Une fessée…
- Une fessée, en effet… Et sévère… Qui va vous être administrée les yeux bandés…
- Par qui ?…
- Encore une fois – la dernière – les questions c’est moi qui les pose… Et si vous réfléchissiez un tant soit peu il vous apparaîtrait à l’évidence que si je veux que vous ayez les yeux bandés c’est précisément pour que vous ne sachiez pas qui vous fesse… Venez !…

Elle m’a fermement agrippée par le bras… Emmenée… Une porte… Devant laquelle elle m’a recouvert les yeux d’un large bandeau noir… Elle l’a ouverte… On m’a déboutonné mon pantalon… Il m’est tombé sur les chevilles… On m’a baissé ma cculotte… A mi-cuisses… On m’a fait basculer sur des genoux… Une main s’est aussitôt abattue…Sèche… Rêche… Implacable…

- C’est bon… Vous pouvez retirer votre bandeau…
Elle était seule… Assise sur l’accoudoir d’un gros fauteuil en cuir…
- Vous avez été à la hauteur… C’est bien… Les invités étaient manifestement satisfaits…
- Les invités ?!…
- Les invités, oui !… Ne prenez pas cet air ahuri… Vous n’imaginiez tout de même pas que j’allais conserver égoïstement pour moi toute seule le spectacle de votre petit derrière tressautant, s’entrouvrant et rougissant sous les coups ?…
- Mais c’était qui ces gens-là ?… Ils étaient combien ?…
- Encore des questions !… Ca devient insupportable à la longue… Filez au coin là-bas et taisez-vous !…
Et elle s’est absorbée dans sa lecture…

Des pas… Qui se sont approchés… Eloignés… Approchés à nouveau…
- Ah, les voilà… J’en étais sûre… Ils jouaient les indécis… « Peut-être qu’on viendra… On sait pas… On verra »… mais j’étais sûre qu’ils n’allaient pas laisser passer l’occasion… Oui, oui !… Entrez !…
- Alors comme ça, c’est elle !…
- C’est elle, oui !…
Des chuchotements… Un rire… De femme… Un autre… Un fou rire…
- Alors comme ça, ma mignonne, on s’est fait tambouriner le popotin ?…
- Faut croire qu’elle l’avait cherché…
- Ca, c’est le moins qu’on puisse dire…
- Si seulement ça pouvait lui donner matière à réfléchir…
- Oui, oh, alors là !… Faut pas rêver…
Un doigt a redessiné lentement les contours de la fessée… On a encore chuchoté… Encore ri…

- Il y avait un homme ?…
- Si on te le demande…
Elle s’est levée…
- Tu peux te reculotter…

Escobarines: Au bureau ( 14 )


- Et que pour pas faire ta fière tu faisais pas ta fière…
- Comment vous savez ?…
- C’est pas important ça comment on sait… Ce qu’est important, c’est qu’on sait…
- Bon, allez, tu montres ?… Parce qu’il est d’un rouge à ce qu’il paraît !… Mardi 17 Octobre

- Tu t’en es ramassé une bonne hier soir à ce qu’il paraît…
- Même qu’elle avait fait venir du monde Madame Lambert pour voir ça…
- Du monde qui s’est bien amusé…
- Allez, montre, quoi !…
- On s’en fiche n’importe comment… On verra…
- Oui… Et pas plus tard que bientôt…

- Il va évidemment de soi, Mademoiselle Dumas, qu’il n’est plus désormais question que vous administriez quelque fessée que ce soit à quelque collègue que ce soit… Pour quelque motif que ce soit… C’est bien compris ?…
- Oui, Madame…
- Quant à la charmante petite compagnie devant laquelle vous aviez l’intention avouée d’administrer une fessée à Mademoiselle Delcroix elle se réunira ce soir… En votre absence bien entendu… A moins que…
- A moins que ?…
- A moins que vous n’acceptiez d’y tenir un rôle différent de celui que vous vous étiez abusivement réservé…
- J’y tiendrai celui que vous déciderez que je dois tenir…
- Non… Vous y tiendrez celui que vous allez me supplier de tenir…

Elles arrivaient par petits groupes… De deux… De trois… Parfois seules… Parlant fort… Riant haut perché…
- Une excellente initiative, Alyssia… Vraiment excellente…
- D’autant qu’entre services on avait plutôt tendance, jusque là, à s’ignorer…
- La preuve… Je sais même pas laquelle c’est cette petite Sybille pour qui on est là…
- Elle ne devrait plus tarder maintenant…

- Ecoutez !… Ecoutez toutes !… Un peu de silence, s’il vous plaît… Et toi, Sybille, viens ici !… Voilà… Alors depuis plusieurs semaines notre collègue, ici présente, se comporte d’une façon parfaitement inqualifiable… J’ai estimé qu’il était plus que temps de la ramener à la raison… Et de lui donner, publiquement, une leçon amplement méritée…
Elles ont toutes bruyamment approuvé… Quelques-unes ont même applaudi…
- Sans doute cette leçon sera-t-elle plus profitable encore si c’est l’une d’entre vous – qu’elle ne connaît pas – qui officie… S’il y a des volontaires ?…
Des mains se sont levées… Toutes les mains se sont levées…
- Moi !…
- Non… Moi !… Moi !…
- On tire au sort alors !…
- Oui… A la courte paille…

Et ça a été la secrétaire de direction du service des expéditions… Qui s’est emparée d’une chaise… Qui s’y est assise… Qui a longtemps attendu… Qui a fait signe, du plat des deux mains sur ses genoux, à Sybille d’approcher… Elle a obéi… Elle s’est laissé docilement déculotter… Elle s’est, d’elle-même, penchée en avant… Courbée… Installée… Une première claque est tombée… D’autres… Beaucoup d’autres…

La porte s’est brusquement ouverte… Tout s’est figé… Elle est venue droit sur moi… Une femme que j’ai tout de suite reconnue… C’était la patronne du magasin de vêtements où Sybille m’avait emmenée… Tous les regards ont convergé vers nous…
- Vous la croyez irréprochable, hein, cette jeune fille qui joue les justicières ?… Qui prétend en remontrer à tout le monde… Eh bien non, elle l’est pas… Non… Et elle est loin de l’être… Pas plus tard qu’hier soir il a encore fallu la punir… Une fois de plus… Et vous savez pourquoi ?… Parce que c’est une petite voleuse… Parfaitement !… Une sale petite voleuse… Vous me croyez pas ?… Vous allez voir !… Et toi, tu vas me faire le plaisir de te laisser gentiment déculotter… Sinon… Là… Alors ?… Qu’est-ce que vous dites de ça ?…

Rien… Elles n’ont rien dit… Elles ont regardé…
- Oh, mais continuez, hein !… Vous étiez en train de punir cette jeune femme… Continuez !… Vous arrêtez pas en si bon chemin…
Et la secrétaire de direction s’est remise à l’ouvrage sur le postérieur de Sybille… De plus belle…
- Ce sera ton tour après…
En chuchotement à l’oreille…
- On va tout t’enlever… Ce sera mieux…

Sybille était ravie…
- Qu’est-ce qu’on s’est amusées, hein !… Tu trouves pas ?… Et tu sais quoi ?… Ben l’idée de la bonne femme des vêtements elle était de moi… Pas mal, hein !… Comment t’as apprécié !… Ca se voyait… J’ai bien fait d’insister… Parce que Sylvie elle était pas trop chaude au début…
- Sylvie ?… Quelle Sylvie ?…
- Madame Lambert, tiens !… On est de mèche toutes les deux… Depuis le début…