samedi 23 octobre 2010

Escobarines: Dimanche soir





- Tu as passé un bon week end ?
- Oui, oh, tu sais, les dimanches en famille ça n’a rien de particulièrement exaltant… Surtout quand il y a ma sœur avec son mari… Et toi ?… Qu’est-ce que tu as fait ?…
- J’ai lu… Avec le temps qu’il faisait il y avait pas grand chose d’autre à faire… J’ai dévoré même…
- C’était si passionnant que ça ?…
- Franchement il y a longtemps que j’avais pas lu quelque chose d’aussi prenant…
- Ah oui ?!… Tu me le passeras ?… Comment ça s’appelle ?…
- « Fessées et autres délices… »
- T’as fouillé dans mes affaires !… T’as pas le droit… T’avais pas le droit…
- J’ai pas fouillé dans tes affaires… J’ai fait ta chambre qui – soit dit en passant – en avait sacrément besoin… Ca traînait sur ton bureau… Au-dessus de la pile…
- C’est pas une raison…
- T’as un sacré beau brin de plume en tout cas…
- J’ai toujours aimé inventer des histoires… Depuis toute petite…
- Et pas n’importe quelles histoires apparemment !…
- Oh, mais j’écris pas que ça !… Faut pas croire…
- Mais « ça » t’éprouves manifestement beaucoup de plaisir à l’écrire… Et comment c’est transparent !… C’est toujours le même personnage… Quarante ans… Comme toi… Blond vénitien… Comme toi… Les yeux bleus… Comme toi… Toujours la même femme… Qui, à deux lettres près, porte le même prénom que toi… Qui partage son appartement, en colocation, tout comme toi, avec une fille de vingt ans… Laquelle, comme par hasard, me ressemble comme deux gouttes d’eau… Et laquelle lui flanque des fessées carabinées… Comment je dois le prendre, moi, ça ?…
- C’est une histoire… C’est juste une histoire… C’est inventé…
- Oui, j’avais compris, merci… Je suis pas complètement idiote… C’est une histoire… Une histoire pour t’exciter… Quand tu as bien imaginé – en long, en large et en travers, avec force descriptions et détails complaisants – que je te tambourinais allègrement le derrière tu t’amuses comme une petite folle avec ce que tu as entre les jambes… C’est pas vrai peut-être ?… Ne réponds pas… Ca vaut mieux… Mais est-ce que tu t’es seulement demandé ce que j’en pensais, moi, de tout ça ?… Si j’étais d’accord pour que tu m’utilises, comme ça, à mon insu, selon ton bon vouloir et ton bon plaisir… Sans m’avoir à aucun moment demandé mon avis…
- Mais…
- Il n’y a pas de « mais » qui tienne !… Tu sais ce que tu mériterais ?… Hein ?… Tu le sais ?… C’est que je t’en colle une pour la peine… Une vraie… Dont tu te souviennes longtemps… Ce que je vais d’ailleurs faire… Tu l’auras pas volée… Reconnais que tu l’auras pas volée…
Elle a soutenu mon regard…
- Non… Je l’aurai pas volée… Non…

- Viens ici !…
Elle a obéi. Sans un mot. Tête basse. Jusqu’au pied du fauteuil…
- Plus près !… Encore !…
Je l’ai attirée, jusqu’à hauteur de mon visage, par le bouton de son jean. J’ai joué avec. Je l’ai fait tourner, rouler entre mes doigts. Longtemps…
- Demande-le !… Allez, demande !… Tu en crèves d’envie…
- Déculotte-moi !…
- Pour quoi faire ?…
- Pour me donner une fessée…
- Pour quelle raison une fessée ?…
- Parce que je l’ai méritée… Que je t’ai fait vivre toutes sortes de choses monstrueuses derrière ton dos… Que j’ai voulu une colocataire uniquement pour ça… Pour avoir quelqu’un à mes côtés sur qui rêver… Que je t’ai choisie, toi, parce que tu es beaucoup plus jeune que moi… Que tu es brune… Et que tu as des expressions tellement dures quelquefois que j’en suis complètement bouleversée…
Elle s’est tue. J’ai fait sauter le bouton. Résolument descendu le pantalon sur les chevilles. Puis la culotte…
- Va là-bas… Devant la porte…
A petits pas ridiculement entravés…
- Là… A genoux !… Mets-toi à genoux !…
J’ai pris un livre et je me suis absorbée dans ma lecture sans plus me préoccuper d’elle…

- Regarde devant toi !…
- Ca fait longtemps…
- Et ça durera aussi longtemps que je le jugerai bon… Regarde devant toi, j’ai dit !… D’ailleurs, si je me souviens bien, dans l’une de tes histoires c’est une nuit entière que je te laisse comme ça en attente… On a encore de la marge…
- Oui, mais…
- Oui, mais quoi ?…
- Si ta copine…
- Valérie ?… Si elle passe ?… Ca la fera beaucoup rire… Aucun doute là-dessus… Mais il vaudrait encore mieux que ce soit Cyrille… Rappelle-toi comme tu as aimé qu’il débarque à l’improviste dans une autre de tes histoires… Comment il s’est moqué de toi… Et comment tu as adoré…
Je me suis levée. J’ai disparu un long moment à côté…

Au retour elle n’avait pas bougé. Je me suis rassise…
- A ton avis je vais me servir de quoi ?… La main ?… Un martinet ?… Une cravache ?… Une brosse à cheveux ?… Une ceinture ?… Un paddle ?… Autre chose ?
- Je sais pas…
- Tu sais pas, non… Tu peux pas savoir… Tout est possible… Parce que tout ça tu me l’as fait utiliser à un moment ou à un autre… Je n’ai que l’embarras du choix… D’après toi où vont mes préférences ?…
- Le martinet ?…
- Ca aurait pu… Mais non !… Non… Pour cette toute première fois « en vrai » ce sera la brosse à cheveux… Parce que j’aime beaucoup la façon dont tu décris la sensation de brûlure très particulière et très intense qu’elle procure quand on l’utilise à bon escient… Et puis il y a une autre raison… Tu sais très bien laquelle…
- Me la fais pas dire… S’il te plaît, m’oblige pas à la dire…
- Laquelle ?
- C’est que… C’est que ça a un manche une brosse à cheveux…
- Voilà… Et que le manche, après, quand on a le derrière tout chaud et tout griffé…

Je me suis lentement approchée. Ses fesses se sont crispées. Durcies…
- Détends-toi !… Ca fait beaucoup plus mal sinon…
- Je sais…
J’ai lancé le premier coup. Elle y a répondu par un sanglot de bonheur…

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